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Stupeur : le retour en puissance des nostalgiques du rideau de fer

Au jour le jour

Voilà 15 jours que la Russie de Poutine envahit l’Ukraine sous prétexte d’une opération de police. Il fait utiliser les armes lourdes face à la population organisée en résistance. Il musèle ses médias et son peuple pour couvrir ses agissements. Hé oui c’est possible même en 2022, inutile de nous pincer l’avant-bras.

Décidément, rien ne va plus. La géopolitique s’est polarisée ces dernières années sous des airs de guerre froide réchauffée. Le régime de Poutine prenait ces dix dernières années des couleurs d’autocratie en censurant les médias et en trafiquant les élections. Il est intervenu plusieurs fois dans les pays voisins pour noyer dans l’œuf les tentative de renversement – les révolutions de couleur – des régimes autocratiques entretenus par un démocratie de pacotille. Mais aujourd’hui cette politique avance à visage découvert, en écrasant l’Ukraine sous les bombes et en supprimant au peuple russe l’accès aux médias internationaux et en muselant les derniers médias nationaux libres. L’élan narcissique des dictateurs semble sans limite et déjà il déborde sur notre espace de liberté, en polluant les médias d’informations toxiques. Le Covid et l’isolement physique des hommes pendant cette période semble avoir cristallisé les opinions les plus sectaires. Les manœuvres occidentales malhabiles aux portes de la Russie ne sont certainement pas étrangères à ces réflexe offensif. Une seule chose rassemble la Chine ou la Russie, l’idée que l’occident est la source de tous leurs malheurs et que l’heure de la revanche a sonné. Les chinois restent pragmatiques et savent que se fâcher avec le reste du monde sera mauvais pour les affaires. Au contraire, la Russie de Poutine exulte à l’idée d’utiliser la puissance et d’écraser les voisins qui pourraient lui résister, protégés qu’ils sont par la dissuasion nucléaire. Et nous, bien au chaud (pour combien de temps ?) au creux de l’Europe, nous regardons ce jeu obscène, incrédules, comme un film à suspense mal doublé. On se demande ce qu’on ferait à la place de ces Russes, qui ont laissé grossir le monstre Poutine pendant 22 ans, en contrepartie du confort d’un discours nationaliste rassurant (Voilà qui ne fait pas les affaires de nos nationalistes réactionnaires nostalgiques présidentiables). Croient-ils réellement aux salades qui leurs sont servies ? Que l’Ukraine s’apprêtait à envahir la Russie en concoctant une bombe biologique ? Sont-ils aussi nostalgiques que Poutine de l’air soviétique ? Sont-ils assez repus pour accepter de se faire diriger par une caste de milliardaires belliqueux ? Vont-il pouvoir se sortir du piège dans lequel ils se sont fait enfermer ?

Pendant ce temps, la Corée du Nord lance des missiles, pétarades pour rappeler qu’elle existe toujours et qu’elle aussi, a un vrai chef à sa tête !

L’Europe quant à elle saura-t-elle voir ses défauts et son impuissance politique et y remédier ? Va-t-elle tirer partie de la situation pour se réconcilier autour d’une vision partagée et des valeurs communes (oui, il en reste) ? Va-t-elle en profiter pour réfléchir à une politique énergétique équilibrée d’un point de vue de l’approvisionnement, mais aussi propre en terme d’émission ? L’Europe va-t-elle trouver sa place entre ces trois blocs de culture violente et expansionniste, que sont les États-Unis, la Chine et la Russie ?

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